4 questions pour le prix de 3, petite leçon de décryptage sondagier

De l’art du sondage… Puisqu’on parle beaucoup de médecine homéopathique ces jours-ci, depuis que des médecins très remontés se sont permis de réclamer que leurs confrères « homéopathes » soient destitués de leur titre (tribune à lire dans le Figaro du lundi 19 mars, si vous aimez quand ça saigne), il me semble que c’est l’occasion de dire un mot du sondage ci-dessous. Je l’ai trouvé sur le webzine didactique que le conseil de l’Ordre des Médecins consacre aux médecines alternatives et complémentaires, webzine au demeurant plutôt bien réalisé.

Quoi que vous pensiez de l’homéopathie, laissez de côté un instant le pour et le contre qui ferraillent en vous, et lisez bien les questions. Je vous rassure, il ne s’agit pas non plus d’effectuer un test dont l’unique et perfide ambition soit de siphonner vos datas à l’insu de votre plein gré (autre sujet d’actualité, c’est fou comme je colle aux événements !). Non, lisez les trois questions :

Vous avez lu les trois questions, mais avec un peu de recul vous notez qu’elles sont quatre. Comme les trois mousquetaires.

Pourquoi associer en une seule question « efficacité » et « praticité », plutôt que les séparer ? Est-ce qu’on demanderait au skieur à la jambe cassée de se prononcer en même temps sur l’efficacité et sur la praticité de son plâtre chirurgical ?

Pourquoi ne pas associer « sûr » et « efficace », ou « naturels et efficaces », étant entendu qu' »efficace » et « pratique », ça n’a strictement rien à voir.

Connaissant un peu le sujet de l’homéopathie, je subodore en tout empirisme hasardeux que le taux de réponses positives à « efficace » aurait été supérieur à 48 % si ce critère avait été séparé de « pratique » (les traitements homéopathiques n’ont en effet rien de spécialement pratiques).

Toujours est-il qu’un journal commentait récemment (je ne sais plus lequel et je le cite par cœur) : « les Français jugent les médicaments homéopathiques sûrs et naturels, mais pas forcément efficaces ».

CQFD.

Communication

Regarder à la main, écrire avec les yeux

C’est toujours avec appréhension que j’entre dans une salle de réunion peuplée de rares participants disposant chacun de son ordinateur portable allumé, posé face à lui sur la table, les yeux rivés sur la lucarne scintillante, tapotant sur le clavier, parlant éventuellement avec les autres participants mais sans les regarder. C’est triste.

Certes, noter un relevé des décisions sur un ordinateur immédiatement capable de le diffuser à ses destinataires présente des avantages. Le secrétaire de séance aura donc tout lieu d’utiliser cet outil. Mais outre qu’il isole chacun, empêche la dynamique de groupe de bien fonctionner, il émousse également la qualité du travail. Évitez de prendre vos notes sur ordinateur quand vous menez la réunion ou en êtes l’un des experts, surtout si elle comprend une dimension interpersonnelle importante (entretien annuel d’évaluation par exemple !). Faites comme les bons médecins dont l’ordinateur est placé à leur côté et surtout pas entre eux et le patient, et quin’y recourent que brièvement.

Noter à la main, c’est apprendre mieux

S’il y a, en réunion, un temps pour l’ordinateur et un temps pour les autres, il y a aussi un temps pour l’écran et un temps pour le papier-crayon en matière d’apprentissage. Sauf dans le cas où prendre des notes ne nécessite aucune réflexion, aucune distanciation (la sténotypie des minutes d’un événement, par exemple), tout ce qui appelle un passage du message oral en trace mémorielle (synthèse, apprentissage) se transmet beaucoup mieux à la main qu’au clavier. Parmi les études scientifiques qui l’ont mesuré, on peut citer celle-ci : The pen is mightier than the keyboard (litt. : le crayon est plus puissant que le clavierPsychological Science, Pam A. Mueller, Princeton University et Daniel M. Oppenheimer, University of California. Elle montre que la prise de notes manuscrite favorise synthèse et apprentissage.

 

Composer à la main, composer au clavier : faites-le test, observez-vous !

Et si ce qui est vrai pour la prise de notes estudiantine l’était aussi pour le pur travail de rédaction ? Chaque écrivain a sa propre méthode, sa pratique qui n’appartient qu’à lui. Pour ma part, écrire à la main me conduit à rédiger des phrases longues, trop longues, mais à trouver un vocabulaire plus riche, plus diversifié qu’à l’ordinateur. en revanche mes idées se structurent bien plus facilement lorsque j’écris à l’ordinateur. Et a fortiori lorsque j’écris un texte dont la mise en page est importante : un communiqué de presse devant apparaître sérieux, élégant, précis et factuel, aussi bien qu’un poème en prose dont le tracé doit composer un paysage, ressembler à des pas dans la neige. Dans les faits, j’écris sur ordinateur dès que j’en ai un sous la main par souci de gagner du temps. Mais retrouver le papier, dans une salle d’attente ou en plein air par exemple, est un plaisir.

Je vous invite à remettre régulièrement en cause vos habitudes, principalement si vous n’aimez guère écrire. Vous pourriez être surpris de la richesse qui se dégage de cette divversité.

Puis vient le temps de la relecture.

Il est rare qu’un texte écrit ne passe pas par une phase de relecture. Même débat : imprimer son texte pour le lire sur papier ou se contenter de l’écran ? L’aveu qui suit me fera peut-être passer pour un grand déforestateur devant l’Eternel, mais je dois dire qu’en imprimant les documents que j’ai composés sur ordinateur, en ayant une vision vraiment globale de la page et de l’espace qui l’entoure, bref en faisant de ces mots réunis un objet concret, et en engageant mes corrections au crayon, j’ai l’impression de mieux percevoir les différents niveaux de lecture :

  • la page et le bloc texte, les marges, le blanc tournant ;
  • les titres et intertitres, les paragraphes ;
  • les mots.

J’éprouve le sentiment de dominer la situation, d’être réellement le créateur de ce texte, donc son responsable. Je réécris plus facilement s’il faut reconsidérer la composition même du texte. A tel point d’ailleurs que j’évite d’imprimer un texte sur lequel je ne veux pas passer trop de temps !

Tout discours fixé par écrit devient un objet, objet matériel ou objet digital.

Ce sont les dimensions dans lesquelles nous passons aujourd’hui notre existence. Il est bon que nos textes soient alors exposés à ces deux natures, expérimentés sur papier et sur écran, prêts à prendre leur élan dans les deux dimensions.

C’est ce que j’ai expérimenté récemment sur les manuscrits suivants, à titre professionnel et personnel :

  • réécriture d’un business plan pour un client
  • rédaction de billets de blog
  • rédaction d’un rapport annuel (destiné à être mise en page)
  • … et tant d’autres…

 

Transformer l’hôpital pour transformer le système de santé

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