Attaqués, les médecins homéopathes se défendent

L’homéopathie est un sujet qui m’a toujours passionné. J’avoue avoir un faible pour cette méthode d’approche globale de la personne humaine (voire transposée à l’animal en médecine vétérinaire), pour la personnalité des médecins qui choisissent de la découvrir et de l’apprendre – en plus de tout le reste ! – pour l’utiliser au quotidien. Bien sûr, ayant longtemps travaillé au sein des Laboratoires Boiron, j’ai été placé au cœur du sujet et s’il y a une chose aussi qui me passionne, c’est le mystère de l’infinitésimal. Je suis persuadé qu’on parviendra un jour à comprendre pourquoi de si hautes dilutions « dynamisées » peuvent avoir un effet pharmacologique. Je ne pense pas alors que « toute l’homéopathie » sera validée, mais une partie de sa pharmacopée à coup sûr. Les patients et leurs médecins homéopathes l’ont déjà compris…

Or donc en l’an de grâce 2017, voilà qu’il semble que la chasse aux sorcières ciblant « les homéopathes » soit relancée. En mai, le décès tragique d’un enfant en Italie a permis aux adversaires de l’homéopathie d’insister sur la « perte de chance » que ferait subir cette méthode aux patients. En juin, des enquêtes dans le Quotidien du Médecin, des prises de position dans le JIM, soulignent l’absence de validation scientifique de l’homéopathie. A la rentrée, le projet de loi sur la vaccination réinvente l’opposition entre « homéopathes » et « anti-vaccinalistes ». Les médecins homéopathes ne sont pas partisans de cette loi, soyons franc, lui préférant la pédagogie et la possibilité d’adapter au cas par cas. Pour autant leur syndicat s’oppose fermement à la pratique des faux certificats de vaccination que certains médecins seraient prêts à accepter de signer.

Plus lourd, fin septembre, l’EASAC (European Academies Science Advisory Council) dénonce « l’absence de preuves de l’efficacité des médicaments homéopathiques » et jette le discrédit sur l’ensemble de leur pratique. La conclusion de cette académie des académies repose d’abord sur une sélection parfaitement contestable des recherches existantes, ensuite sur des assertions fausses relatives à la sécurité du médicament comme à la pratique médicale. L’EASAC juge que l’homéopathie fait courir une perte de chance aux patients qu’elle prive de traitements plus lourds : comme si tous les médecins homéopathes français, médecins avant tout, étaient moins compétents que leurs confrères en stratégie thérapeutique ou avaient envie de faire courir des risques à leurs patients, par fanatisme en quelque sorte. Si le cas s’est produit en mai en Italie, il est bien le seul depuis sacrément longtemps. D’ailleurs, un opposant notoire à l’homéopathie cherchant des cas semblables, n’en a trouvé que 4 en 34 ans. Or les médicaments homéopathiques seraient utilisés aujourd’hui par plus de 300 millions de patients dans le monde.

Le SNMHF vient de faire paraître un dossier de presse de quelques pages répondant au rapport de l’EASAC. Je vous invite à le télécharger ici. Vous pouvez aussi lire les articles du JIM, du Quotidien du Médecin ou du Généraliste.