L’homéopathie en campagne sur fond de santé publique

Au côté du Syndicat des médecins homéopathes français (SNMHF) et du collectif qui rassemble les défenseurs de l’homéopathie (médecins, patients et entreprises du médicament), je partage dans cet article la campagne lancée ce mois-ci avec l’ouverture du site #MonHomeoMonChoix. Cette campagne réunit 18 acteurs de l’homéopathie. Elle s’élève contre les menaces de déremboursement de l’homéopathie. Ces médicaments sont couramment prescrits par un quart des médecins généralistes, trois quarts des sages-femmes libérales, et bien sûr par plusieurs milliers de médecins ayant acquis une expertise particulière en ce domaine, ceux qu’on appelle couramment les « médecins homéopathes » (en oubliant parfois qu’ils sont d’abord des médecins comme les autres). L’homéopathie repose autant sur une sémiologie médicale spécifique que sur cette pharmacopée propre, qui lui vaut des critiques depuis deux cent ans.

Comment expliquer le regain de violence contre les médecines douces (surtout contre l’homéopathie) alors qu’aucune circonstance démographique, économique, sociale, politique, n’y pousse ?

L’homéopathie repose sur une approche systémique qui s’est forgée avec le temps et l’expérience. Un grand médecin homéopathe du XXe siècle, le Dr Denis Demarque, l’avait appelée « médecine de l’expérience » dans un ouvrage qui a fait référence. Elle ouvre une brèche dans la thérapeutique. Mais son mode d’action reste inexpliqué. Et même inexpliquable.

Des travaux de recherche fondamentale démontrent l’effet des « hautes dilutions ». Des études cliniques et pharmaco-épidémiologiques montrent les bénéfices thérapeutiques. Les détracteurs leur dénient le moindre intérêt, avec une agressivité qui dépasse le seul cadre épistémologique. Voyez Twitter ! Et les journalistes qui animent des débats contradictoires sont unanimes : rarement sujets de discorde ne se révèlent aussi clivants, entraînant des prises de position virulentes, créant dans les studios des atmosphères électriques ! Est-ce bien raisonnable ?

Je cherche les raisons qui poussent à cette violence verbale… Je peux me tromper mais je ne crois pas à une influence des big pharmas (qui ont autre chose à faire). Je suis conscient que notre paradigme médical est celui de l’evidence based medecine et que les jeunes médecins, formés à cette approche, exclusive de toute autre, voient en l’homéopathie une survivance du passé.

Mais je crois aussi que dans ce monde qui change si vite, le domaine de la santé, comme les autres, va connaître de si grands bouleversements que le corps médical hostile aux pratiques alternatives voudrait se rassurer, s’accrocher à des certitudes si fortes qu’elles interdiraient toute ouverture. Ils ne manquent pas d’arguments : la médecine contemporaine est un chef d’oeuvre de progrès, de civilisation, de culture. Je persiste à penser que l’homéopathie, l’acupuncture, d’autres méthodes issues d’autres traditions, y ont toute leur place. Celle qui rappelle que la médecine n’est pas qu’une technique mais qu’elle est un ensemble de pratiques. Ce que nulle académie, nul partisan des antifakemed ne consent à mesurer, c’est que l’homéopathie répond à des situations auxquelles les autres thérapeutiques n’ont pas trouvé de bonne réponse. Tous les médecins homéopathes en témoignent : ils se sont formés à cette pratique « dérangeante », qui leur vaut parfois la mise au ban, parce qu’elle leur apporte une réponse appropriée à un grand nombre de situations rencontrées au quotidien dans leurs cabinets.

Malheureusement la promesse/menace de lendemains 100 % technologiques suscitent une réelle angoisse : des professions pourraient disparaître, les stratégies thérapeutiques se voir confiées à la décision des algorithmes, des robots, à la réalité augmentée.

Ces craintes donnent un relief incongru aux pratiques non-conventionnelles, à ces médecines anachroniques parfois ancestrales, souvent héritières de traditions culturelles forgées dans l’ancien monde, ce monde où la pensée magique pouvait côtoyer la rationalité… et s’en trouver bien. Les pratiques qui échappent aux « données actuelles de la science » dérangent le nouvel ordre du monde, lui-même menacé, le provoquent… et doivent disparaître. Tant pis si l’on sait qu’en médecine, la science ne dit pas tout et que la médecine, ce n’est pas QUE de la science. Comment les plus anciennes traditions médicales, fondées en large partie sur la qualité de la relation humaine et du dialogue médical, oseraient-elles survivre alors que semblent vaciller des méthodes bien plus « sûres » ?

Pour l’homéopathie, je pourrais répondre que des travaux de recherche fondamentale démontrent l’effet des « hautes dilutions », que des études cliniques et pharmaco-épidémiologiques montrent les bénéfices thérapeutiques. Dans le brouhaha actuel, c’est quasiment peine perdue. Les dizaines ou centaines de publications scientifiques et médicales sont balayées d’un revers de main par la communauté des détracteurs (comme si les chercheurs qui les ont effectuées et les comités de lecture des revues qui les ont acceptées étaient peuplés d’incompétents !).

Médecins puristes de l’evidence based medicine, de quoi avez-vous peur ?

Si l’on s’appuie sur la Stratégie Nationale de Santé présentée par la ministre Agnès Buzyn dès septembre 2017, on doit s’interroger sur la contribution des médecines douces aux quatre grands axes de cette stratégie : prévention et promotion de la santé dans tous les milieux et tout au long de la vie ; lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé ; nécessité de garantir la qualité, la sécurité et la pertinence des soins ; innovation.

La ministre a annoncé quelques mois plus tard la « transformation du système de santé » : par la prévention, le traitement des pathologies chroniques et aussi une meilleure coordination ville-hôpital. Prévention, maladies chroniques ? Voilà deux priorités où le médecin homéopathe se dit, à bon droit, qu’il ne manque pas d’arguments. Mais l’heure n’est plus à l’écoute, sauf peut-être au sein de la Haute Autorité de Santé (HAS) dont on ne peut préjuger de la teneur du prochain avis, qu’elle rendra en mai ou en juin. Las, la cacophonie, dont les réseaux sociaux font leur miel, l’a emporté sur l’échange, la volonté de construire. Alors la diplomatie cède le pas à la guerre ou plutôt à la guéguerre. Et l’avis de la HAS sera perçu comme une défaite ou une victoire, rien d’autre.

Faute de ne pouvoir expliquer et comprendre l’homéopathie, on préfère l’annihiler. C’est à dire en démunir les trois quarts des François qui font régulièrement appel à elle. Que se passera-t-il en cas de déremboursement, rapidement suivi par l’évacuation de l’homéopathie du champ médical ? On incitera ces 74 % de Français (et aussi Européens, voire au-delà, comme au Brésil) à consulter les non-professionnels qui demain, s’empareront de l’homéopathie à la place des médecins. On générera plus de risque, on renforcera les inégalités, on aggravera les déficits car ceux qui ne suivront pas ce mouvement se verront prescrire d’autres traitements plus lourds.

Si vous souhaitez continuer à accorder votre confiance à des médecins sachant prescrire l’homéopathie à bon escient, faites un tour par ici ! Ou envoyez simplement par SMS : «Homeo», au 32 321.

Des comptes réseaux sociaux à suivre et partager :
– Twitter: https://www.twitter.com/HomeoMonChoix
– Facebook: https://www.facebook.com/Mon-Homéo-Mon-Choix-1643185362449069
– Instagram: https://www.instagram.com/monhomeomonchoix

« Nécessaire, utile, accessoire » : maîtriser la synthèse orale serait un peu comme rédiger un bon communiqué de presse

Discussion détendue l’autre jour avec la responsable de communication d’une grande organisation professionnelle. J’avais essayé de la joindre ces deux derniers jours, sans autre réponse que « je suis en formation ».

– Alors, c’était quoi, cette formation ?

– Deux jours de stage sur la synthèse orale ! Une formation entièrement consacrée à l’art de formuler des réponses courtes et précises à des directeurs généraux noyés sous l’information. Le formateur nous a fait remarquer que nous avions tous le sentiment de bien communiquer – avec raison – alors que nos DG nous ont fortement incités à participer à ce stage ! En fait, ce pédagogue, qui était aussi un acteur, nous a enseigné à discerner ce que nos dirigeants attendent de nous lors de nos points d’information et d’échanges réguliers.

– Et la réponse est…

– Nos dirigeants souhaitent une information précise… sans que nous sachions toujours la discerner. A nous d’entendre leur question, de formuler une réponse courte, dépourvue de toute fioriture, de tout affect et surtout d’anticipation quant à leur attente supposée. C’est au manager de nous relancer s’il attend autre chose de nous, s’il en veut plus. En fait, ne rien devancer. Laisser venir les questions et se contenter d’être aussi factuel que bref.

– D’accord, mais qu’est-ce qui peut aider la personne interrogée de cette manière à trouver le bon tempo ?

– Eh bien, la méthode NUA. Ne dire que ce qui est NECESSAIRE, réserver l’UTILE en deuxième temps et taire l’ACCESSOIRE, sauf si l’échange devient plus fécond et si cet accessoire enrichit soudain la matière de l’échange. C’est à cela que nous nous sommes alors entraîné(e)s.

Fin de la conversation. Vous restez sur cette fin et un peu sur votre faim ? Vous trouvez desséchante la froide et impersonnelle attente des directeurs généraux ? Mais cherchez bien. S’il existe un domaine de la communication institutionnelle qui rejoint cette sévère exigence, ce sont bien les Relations presse. Qu’est-ce qu’un bon communiqué de presse ? Un texte bref qui indique le nécessaire (à qui n’a rien demandé), développe l’utile sans trop s’appesantir, et enfin ne fait que suggérer l’accessoire, de l’extrême fine pointe de la plume, laissant ce champ ouvert à la curiosité et à la disponibilité du journaliste destinataire de l’information.

Nécessaire, utile, accessoire. En résumé, rédiger un bon communiqué de presse, c’est un peu comme informer oralement son supérieur hiérarchique : aller à l’essentiel, ne dire que ce qui est nécessaire, tenir prêt ce qui peut s’avérer utile… et ne dégainer l’accessoire qu’en cas d’opportunité. A méditer pour mes prochaines infos à la presse. Et pour raconter cette anecdote à certains clients parfois trop enthousiastes (comme l’est le manager intermédiaire) au regard de sujets qui les touchent mais qui n’ont pas vocation à dépasser le pourtour de leurs émotions. Frustrant ? Pas plus que l’art du zazen selon ses adeptes : douloureux au départ, épuré ensuite.

PS : et si le schéma NUA était tout simplement celui de la « pyramide inversée », telle qu’on l’enseigne pour bien écrire sur le web ou dans les journaux ?

L’achat public hospitalier précurseur sur le parcours de soins

Plus 600 entreprises et hospitaliers ont participé à la convention annuelle UniHA ce mercredi 20 mars à Issy. Cet événement leur a permis de rencontrer en direct les acheteurs des différentes familles d’achat : produits de santé, équipements, services… UniHA en compte 15 à ce jour.

L’actualité du réseau UniHA leur a d’abord été présentée. Du concret, avec la création de ce réseau d’ « ambassadeurs » qui a déjà fait parler de lui ces dernières semaines : lire ici et par exemple (merci à APM News, Hospimedia, TEC Hôpital, Décision Achats, la Lettre des Achats et Achatpublic.info d’avoir participé à notre point presse du 7 mars dernier).

Du concret mais aussi de la stratégie. Le président, Charles Guépratte (DG du CHU de Nice), a inscrit la trajectoire d’évolution d’UniHA dans les pas de la nouvelle loi santé. Avec la consolidation des GHT (groupements hospitaliers de territoire), UniHA a déjà élargi son réseau jusqu’à compter 834 hôpitaux à ce jour. Demain, les nouvelles CPTS (Communautés professionnelles territoriales de santé) feront évoluer la relation ville-hôpital. De nouveaux instruments, données massives et intelligence artificielle, faciliteront les échanges entre ces deux univers qui ont vocation à être complémentaires. La tarification au parcours de soins va elle aussi globaliser l’approche des traitements, corrigeant les effets pervers de la tarification à l’acte. « Nous allons construire une offre appuyée sur les CPTS, construite pour ajouter de la valeur au système de santé, entrer dans une logique de performance de service », promet le président.

Bruno Carrière, directeur général, a ensuite montré comment s’illustrent ces nouvelles approches, en animant lui-même les trois tables rondes réunissant des responsables d’entreprises et des hospitaliers, acheteurs et soignants.

« What is value in health care ? »

En 2010, Michael E. Porter publiait un article dans le New England Journal of Medicine dont le titre était : « What is value in health care ? », que je traduis librement par : « comment calculer la valeur économique des soins de santé ? ». Le célèbre professeur d’économie y jetait les bases du best value procurement. Le MEDTECH Europe, association représentant l’industrie européenne des technologies médicales, promeut aujourd’hui cette nouvelle approche d’achats basée sur la valeur, où le client travaille de concert avec le fournisseur qui offre la valeur la plus élevée au meilleur prix.

Contrôler la température du patient opéré : le prestataire engagé sur un objectif médical

La meilleure illustration en a été cette table ronde portant sur le « réchauffement des patients ». UniHA et les HCL (Hospices Civils de Lyon) se sont inspirés de la doctrine “porterienne” afin de co-construire avec des entreprises des solutions innovantes en mesure de répondre à la problématique de “l’hypothermie péri opératoire”. Expliquons-nous un peu. Les patients devant subir une chirurgie doivent être maintenus à une température corporelle dite normotherme tout au long de leur parcours. Dans le cas contraire, les conséquences cliniques sont nombreuses et potentiellement graves (hémostase, ischémie, réveil retardé…). Contrôler la température du patient du début à la fin, déceler et corriger les baisses anormales, c’est éviter les complications, les infections notamment, autant que contribuer à limiter la durée du séjour à l’hôpital.

UniHA vient de lancer une procédure d’achat visant à retenir un opérateur économique unique sur cette action. Le titulaire de ce contrat, notifié au cours du deuxième trimestre 2019, devra être en mesure de fournir une solution technique et organisationnelle globale, permettant de faire évoluer les pratiques des personnels médicaux et paramédicaux pour la prévention de l’hypothermie, sur la totalité du parcours patient. Et ce contrat indexera la rémunération du prestataire sur une obligation de résultat, à savoir l’atteinte d’un objectif médical, mesuré par le taux de patients ayant recouvré une température normale à leur sortie de salle de surveillance.

Du linge non-polluant produit en France : UniHA drapé dans le développement durable

Une autre table ronde étaient tout aussi intéressante, cette fois dans une logique de développement durable, voire de RSE. Il s’agit de l’achat de linge non-polluant auprès d’une entreprise vosgienne. J’en ai raconté l’histoire dans ce récent billet. Enjeux : la qualité, la lutte contre la pollution et le regain d’emplois industriels en France.

Quand on sait que mardi 26 mars, à Paris, UniHA monte une journée Restauration centrée sur les solutions « durables », dans le contexte de la loi Egalim, on mesure combien le monde des achats publics se révèle précurseur.

Relations médias UniHA : Intelligible, Jean Remy
Plus 600 entreprises et hospitaliers rassemblés à la convention annuelle UniHA 2019, mercredi 20 mars à Issy (92).
Intelligible, Lyon : Relations médias pour CARA

Un Campus des métiers branché sur l’électromobilité avec CARA

Porté par CARA – European Cluster for Mobility Solutions et le Rectorat de Lyon, le Campus Automotive & Electromobilité préparera les professionnels dont les entreprises ont besoin pour concevoir, maintenir et exploiter le véhicule de demain, automobile et poids lourds.

Le Campus Automotive & Electromobilité préparera les professionnels dont les entreprises ont besoin pour concevoir, maintenir et exploiter le véhicule de demain, automobile et poids lourds.
Le Campus Automotive & Electromobilité préparera les professionnels dont les entreprises ont besoin pour concevoir, maintenir et exploiter le véhicule de demain, automobile et poids lourds.

La Plateforme 3PE, premier outil mis à la disposition de ce Campus, a été inaugurée cette semaine au Lycée Aragon Picasso de Givors (Métropole de Lyon). Cette plateforme technique est un lieu d’expérimentation et d’innovation au service de la pédagogie, de la promotion et de la valorisation des métiers et des formations.

Le Lycée Aragon Picasso lui a alloué un espace de 415 m2, composé d’espaces de cours et d’un atelier équipé de moyens pédagogiques et de tests.  Divers véhicules issus de concepts nouveaux seront disponibles pour travailler sur les dernières technologies. 3PE peut s’appuyer sur les compétences, les équipements de la plateforme technologique ID Pro (Lycée Aragon Picasso), de la plateforme de l’innovation (INSA) et de la ville-laboratoire Transpolis.

Le réseau qui constitue le Campus est composé d’entreprises, d’acteurs de la formation initiale et continue et de centres de recherche. Il bénéficie du soutien de l’Etat (financement à hauteur de 50 % au travers du programme d’Investissement d’Avenir), de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et d’entreprises.

Les Campus des Métiers et des Qualifications ont été créés en 2013 par la loi de refondation de l’École pour valoriser l’enseignement professionnel et favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Ils sont construits autour d’un pôle de compétences clés au niveau régional et sont soutenus par les collectivités territoriales et les entreprises. Leur but est de mettre en réseau les différents établissements de formation et les acteurs économiques, et de leur proposer des outils communs, comme par exemple cette plateforme 3PE.

Trois lycéens du LPO Aragon Picasso de Givors en conversation avec une journaliste du Progrès

A propos de CARA

CARA European Cluster for mobility solutions rassemble plus de 200 industriels, opérateurs de transports, centres de recherche et de formation. CARA est labellisé Cluster de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et Pôle de Compétitivité.

Intelligible, RP, France

Une espèce en voie de disparition : le vocabulaire pompeux des RP

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Rencontres fortuites entre l'acteur et le rédacteur, ici inspirée par la maison de Carl Milles à Stockholm (photo JR)

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