Projet Voltaire

Comme dans un fauteuil ! Ma Voltaire expérience

Le Projet Voltaire, moi j’en dis du bien.

D’abord parce que de toute évidence, les besoins de formation à l’expression écrite sont partout criants. Que l’école ait ou non fait son travail, c’est un autre débat. L’attente est là, formulée autant par les personnes qui souhaitent se réconcilier avec l’orthographe (le mot étant à prendre au sens large d’expression écrite juste) que par leurs entreprises ou par les recruteurs.

Dans le monde du travail, depuis l’avènement du web, nous passons nos journées à communiquer par écrit (la preuve ici !). Rédiger avec des fautes inhibe celui qui les commet tant elles entachent son image et celle de son organisation.

J’ai personnellement constaté sur moi-même l’efficacité du Projet Voltaire. Etant professionnel de l’écrit, et même formateur en expression écrite, je partais peut-être d’assez haut… mais je possédais une belle marge de progrès ! Ce programme m’a aidé à m’en rendre compte, à la réduire de manière plutôt ludique et à repousser les stratégies d’évitement auxquelles je me livrais face aux difficultés que je ne maîtrisais pas.

Fin novembre, découvrant le Projet Voltaire – et étant de nature plutôt passionnée – je me suis inscrit ipso facto à la session qui se déroulait une dizaine de jours plus tard près de chez moi. Au préalable, j’ai effectué les tests gratuits qui se trouvent sur le site www.projet-voltaire.fr, ouvert un Bescherelle un peu poussiéreux qui baillait* sur mon étagère, et vogue la galère… Une toute petite dictée et 195 phrases plus tard (ce sont les modalités de passage du Certificat Voltaire), deux petites semaines s’écoulent et je reçois mon score : 885 sur 1000.

Pas mal mais ça ne faisait pas de moi un expert : il aurait fallu atteindre les 900 points.

Deux mois et demi plus tard, j’ai suivi une formation de formateur et utilisé les ressources du site Voltaire (je vous le recommande pour passer le temps dans les transports en commun), lu et pratiqué le livre de Marie-France Claerebout, Optimiser son score au Certificat Voltaire (franchement, un très bon livre) et cerise sur le gâteau, joué au Grand Quizz de l’orthographe qu’une main attentionnée avait glissé sous le sapin de Noël. Bingo, j’apprends cette semaine que je décroche 987 points.

Moralité :

  1. J’en suis content, tout simplement, et donc reconnaissant au Projet Voltaire. Mais ça ne suffirait pas…
  2. En passant la certification Voltaire, j’ai testé l’efficacité de la méthode, qui s’appuie sur les acquis des sciences cognitives ; j’en ai bénéficié, admirant au passage la construction logique de l’architecture de notre langue (pas toujours, certes, mais souvent). de quoi être fier de tous ceux qui, de génération en génération, lui ont donné son âme.
  3. Je n’en suis que plus motivé à ajouter à mes modules de formation celui-là : Se réconcilier avec l’expression écrite. Je suis en train de le concocter en m’appuyant autant sur mon expérience pédagogique que sur des ressources dont la plupart se trouvent en ligne. Je suis convaincu que pour cet apprentissage, le blended learning (anglicisme qui désigne l’association entre formation présentielle et e-learning) est indispensable à tous ceux qui sont les plus fâchés avec l’orthographe. Se parler, comprendre, mémoriser, s’entraîner… et même s’amuser ! La langue est un « je », c’est aussi un jeu.

A suivre !

*Note : mais il ne bayait pas aux corneilles, ce Bescherelle !

Italia, 2016. Ces merveilleux nuages.

Je suis bienveillant, je dis merci, j’approuve les 10 règles d’or de la bonne communication. Qui suis-je ?

Comme beaucoup, je suis frappé par le succès de ces posts, sur Linked In, qui reprennent des citations toutes plus creuses l’une que l’autre. Le genre : « Tout est dans tout et réciproquement ». Ici, toutes ces invitations à la « bienveillance ». Là, ce rappel que dire merci, c’est vraiment mieux que ne pas dire merci (pas faux, d’ailleurs). Ces bouteilles à la mer me rappellent un peu les petits cadres kitschs qu’on voyait dans les cafés, suspendus au comptoir, avec écrit en lettres gothiques : « N’engueulez pas le patron, la patronne s’en charge ».

Mais les bouteilles au café n’allaient pas à la mer et il y a, je crois, beaucoup plus d’amertume dans les cœurs qui likent sur les réseaux sociaux que dans la première gorgée de bière consommée sur le zinc. Ces messages qui tournent sans fin en accumulant les « partages » témoignent probablement de situations réelles de souffrance au travail (qui suis-je pour en juger ?). Sans doute expriment-ils un immense besoin de donner du sens à sa vie et de le partager. Ce besoin, la nature même du « réseau social », qui est d’exalter l’individu, ne fait que l’exacerber. Si l’on ajoute que ces citations sont intemporelles, cela suffit à leur donner la longévité de Mathusalem et les like qu’elles reçoivent relèvent peut-être mécaniquement d’un effet « boule de neige ». On a d’ailleurs généralement perdu la trace de ceux qui les ont initialement publiées.

A côté, les articles de fond semblent moins lus. Peut-être ne s’agit-il jamais de vrais articles de fond, qu’on réserve encore à d’autres publications ? Ou bien sont-ils lus, en réalité, sans que les lecteurs n’éprouvent l’envie de les « liker ». Ou encore ont-ils une courbe de vie plus brève.

A quoi ça sert vraiment ? Mais d’abord à qui le demander ?

Je ressens que nous maîtrisons bien peu des mécanismes de ces réseaux sociaux sur lesquels nous naviguons à vue. Je me demande si leurs concepteurs eux-mêmes ne restent pas aussi ignorants que nous, aussi spectateurs que nous le sommes de notre propre jeu. Comment ça marche ? A quoi ça sert vraiment ? Eh bien allons-y voir…

De manière empirique, travaillant sur Linked In et Twitter pour certains de mes clients, des grappes d’entreprises en l’occurrence, j’ai constaté une montée régulière des followers et autres « amis » en deux ans, jusqu’à atteindre quelques centaines. Cela semble approprié : il n’y aurait aucune raison d’atteindre des chiffres astronomiques. En revanche, il faut chercher à être rejoints par des partenaires potentiels, ou en tout cas à être repéré par eux, et plus encore à réunir sa propre communauté : les membres, les clients et prospects, les fournisseurs, les experts, les décideurs, les amis au vrai sens du terme.

A cet égard, Linked In révèle une dimension communautaire qui en fait un bel outil de communication interne et institutionnelle, un « extranet » comme on ne dit plus trop, auquel il tend à se substituer. De son côté Twitter permet d’informer et de s’informer. Il suffit d’avoir compris que l’oiseau bleu n’impose pas de réciprocité dans le suivi, permet de créer des listes pour aller plus vite à l’info recherchée à l’instant T, que les hashtags sont importants pour alimenter une conversation, et vogue la galère. Qui aurait cru qu’un « machin » vous proposant de communiquer en 140 caractères puisse devenir une telle source d’information ? C’est qu’il faut raisonner « hypertexte » et considérer les 140 caractères comme d’attrayantes mini bandes annonces des messages, bien plus complets, que nous publions ou découvrons ailleurs sur le web.

Le doute, plus utile que les certitudes pour progresser à tâtons

Tout reste à découvrir empiriquement. « On invente, on teste, on s’amuse », affirmait la joyeuse pub d’une enseigne de distribution d’articles de sports et de loisirs, il y a quelques temps déjà (en 1990). Un exemple : cet article, qui vous a intéressé puisque vous êtes parvenu à son terme, m’a été inspiré par celui de Lisa Taupin lu tout à l’heure. J’ai trouvé son propos authentique, utile et intéressant, rejoignant mes propres interrogations. Elle a posé un acte véritable de communication. Ses doutes m’en ont plus appris sur les réseaux sociaux que les « 7 choses à faire en priorité… » et autres « 10 règles d’or » qui, elles-aussi, passent et repassent à l’envi sur Linked In comme des mets de plus en plus froids. Pourtant, je gage que les « 15 résolutions pour être gentil au bureau » resteront bien plus likées que l’article de Lisa ou que le mien. Tant pis.