UniHA attribue un important marché d’échographes, testés par 32 experts médicaux

« UniHA a su construire un mode de coopération qui arrive à maturité »

Pr Michel Dauzat, Chef de service, Service d’Exploration & Médecine Vasculaire, CHU de Nîmes

UniHA vient d’attribuer un marché groupé portant sur l’acquisition d’échographes pour différentes spécialités cliniques. Si vous l’avez oublié malgré votre fréquentation assidue de ce blog, UniHA (prononcez bien : Uni-Achat) est le réseau coopératif d’achats groupés de 61 établissements hospitaliers publics français. Ce marché revêt une importance particulière pour les adhérents d’UniHA et particulièrement sa filière d’ingénierie biomédicale, notamment parce que la sélection des attributaires a été réalisée avec le concours de 32 experts médicaux. Cette une approche collaborative qui place les achats hospitaliers au coeur du management de l’hôpital, en faisant intervenir ensemble acheteurs et utilisateurs. C’est le point principal que je relèverai dans ce billet, sachant que le communiqué de presse à télécharger au pied de cet article donne beaucoup plus d’informations sur le marché lui-même.

Des évaluations cliniques menées par des experts reconnus par leurs pairs, et pour nombre d’entre eux désignés par les sociétés savantes, ont permis de sélectionner les candidats. Ces 32 experts médicaux, issus de différentes spécialités et de 16 établissements, ainsi que 6 experts ingénieurs biomédicaux, ont procédé à l’évaluation. Jamais jusqu’alors un appel d’offres n’a recueilli un tel niveau de consultation, dans des disciplines nouvelles et avec des évaluations cliniques in situ.

En témoigne ci-dessous le Pr Michel Dauzat, Chef du service d’Exploration & Médecine Vasculaire du CHU de Nîmes :

« Au cours de cette consultation, UniHA a su construire un mode de coopération qui arrive à maturité, grâce notamment à l’investissement des ingénieurs biomédicaux. Nous ne sommes plus dans un face-à-face entre l’administration et le praticien, nous sommes trois partenaires qui évaluent les différents paramètres conduisant à la décision d’achat : le coût bien sûr, mais aussi les caractéristiques techniques des appareils permettant de les situer dans la gamme, et enfin leurs performances en situation clinique réelle. Cette dernière est décisive car à la différence d’autres appareils de radiologie, les échographes imposent au médecin d’interpréter en direct ce que perçoivent ses sens. L’échographie peut certes être médiatisée sous forme graphique, mais la main détermine l’orientation de la sonde et perçoit la pression exercée sur les corps, l’œil analyse l’image, et l’oreille entend les signaux Doppler. Tester cliniquement les différents appareils révèle de grandes différences que les caractéristiques techniques ne laissent pas toujours entrevoir. Par exemple, une sonde de 12 méga-Hertz peut donner de moins bonnes images des tissus superficiels qu’une sonde de 8 MHz car les spécifications techniques comme la fréquence ne résument pas tout. Dans certaines applications cliniques, comme l’examen des fistules artério-veineuses chez les patients hémodialysés, dont la surveillance non-vulnérante est cruciale, les seuls tests sur fantôme seraient tout à fait insuffisants pour s’assurer que l’échographe peut répondre aux besoins. Le dialogue qui s’est instauré ici montre tout l’intérêt de cette coopération constructive entre administration, ingénieurs, et médecins.»

Le communiqué ci-dessous propose aussi le témoignage du Pr Francis Remérand, Chef de service, coordonnateur du DES Anesthésie Réanimation, au Service Anesthésie Réanimation 2, à l’Hôpital Trousseau (CHRU de Tours).